Se maquiller pendant le ramadan ne rompt pas le jeûne d’après les fatwas consultées, car seul ce qui atteint l’estomac l’interrompt, pas ce qui est posé sur la peau. Les réserves portent sur les produits qu’on peut avaler, comme le rouge à lèvres, et sur la discrétion attendue pendant ce mois. Cet article expose les positions produit par produit, sans remplacer l’avis d’un imam pour un cas personnel.
Ce qui rompt le jeûne et ce que change le maquillage
Selon les réponses d’Islam Q&A, les produits appliqués sur la peau, absorbables ou non, n’annulent le jeûne que s’ils sont avalés. Le fait d’en sentir le goût ne change rien tant qu’aucune partie n’arrive jusqu’à l’estomac.
Pour savoir si l’on peut se maquiller pendant le jeûne, la question se ramène donc à une seule : le produit peut-il être ingéré ? Une poudre, une crème ou un trait de crayon sur la paupière ne le sont pas. Un produit posé sur la bouche est un cas à part, traité plus bas.
Khôl, mascara et maquillage des yeux
Le khôl est le cas le plus discuté. Cheikh Ibn Baz juge qu’il ne rompt le jeûne ni pour les femmes ni pour les hommes, tout en précisant qu’il vaut mieux l’appliquer la nuit.
La même fatwa range le maquillage, avec le savon, les crèmes et le henné, parmi les produits qui ne posent pas de problème au jeûneur. Le mascara et l’eye-liner suivent le même raisonnement que le khôl, puisqu’ils restent sur les paupières et les cils. La seule réserve citée concerne un maquillage qui pourrait abîmer le visage.

Fond de teint, crème et poudre pendant la journée
Le fond de teint, la poudre et les crèmes restent à la surface de la peau. Ils n’entrent pas dans la règle sur l’ingestion et ne posent donc aucune difficulté du point de vue du jeûne.
Reste une question de confort : une couche légère se supporte mieux qu’un fond de teint couvrant lorsqu’on ne boit pas de la journée. Un teint qui marque moins se corrige aussi plus facilement, et les traces sur un col ou un voile s’enlèvent avec les méthodes contre les taches de fond de teint.
Rouge à lèvres, gloss et baume : le risque d’en avaler
Le rouge à lèvres est le seul produit de maquillage qui demande de la prudence, parce qu’il se trouve à côté de la bouche. Cheikh Ibn Outhaymine, à propos d’un produit pour les lèvres, indique qu’il n’y a aucun inconvénient à l’utiliser, à condition d’éviter qu’une partie n’atteigne l’estomac.
Si cela arrive sans le vouloir, le jeûne n’est pas annulé. Le texte compare ce cas à celui d’une personne qui se rince la bouche et avale un peu d’eau par inadvertance. Un baume ou un gloss relèvent de la même logique : appliquer est permis, avaler volontairement ne l’est pas. Certains articles de presse se montrent plus sévères et jugent le rouge à lèvres déconseillé pendant le ramadan, mais ce sont des commentaires, pas des avis juridiques.
Parfum et produits parfumés
Pour le parfum, la Commission permanente saoudienne (fatwa 10/271) écrit que son usage, quel qu’il soit, n’invalide pas le jeûne. Les brumes légères, plus discrètes qu’un parfum concentré, conviennent bien aux journées de jeûne, comme le montre l’article sur les brumes parfumées.
La vigilance porte sur l’inhalation. Cheikh Ibn Outhaymine déconseille d’aspirer l’encens, dont la fumée descend jusqu’à l’estomac, et la Commission permanente recommande de ne pas aspirer les poudres parfumées comme le musc. Sentir une odeur reste sans effet, la limite est de la respirer volontairement à pleine inspiration.
Quand se maquiller pendant le mois de ramadan
Entre la rupture du jeûne et l’aube, le maquillage se pose sans contrainte particulière. En journée, la sobriété est l’usage le plus souvent recommandé, et le khôl se réserve plutôt à la nuit.
Pour les soirées qui suivent l’iftar, un maquillage qui tient toute la soirée évite les retouches répétées. Le jeûne peut aussi donner à la peau un aspect plus terne, qu’une routine de soin naturelle de la peau aide à rééquilibrer le soir.

Pourquoi les avis divergent
Les fatwas citées s’accordent sur le principe : maquillage, khôl et parfum ne rompent pas le jeûne. Les divergences viennent d’une autre distinction, celle entre ce qui annule le jeûne et ce qui est simplement déconseillé, comme le khôl en journée ou un maquillage trop visible.
S’ajoutent la pudeur et l’intention, que chacun apprécie selon sa pratique et sa tradition. Pour une situation précise, un produit inhabituel ou un doute persistant, un imam reste la personne la mieux placée pour répondre.
Un conseil simple résume l’ensemble : appliquer librement, choisir des produits légers en journée, et veiller à ne rien avaler volontairement autour des lèvres. Le reste relève du choix personnel.